• Du son et des idées ! Thomas Sankara et Norbert Zongo

    Thomas Sankara

    Le Burkina, c'est aussi Thomas Sankara

    et Norbert Zongo, le fondateur du journal "L'Indépendant",

    assassiné à Sapouy le 13 décembre 1998

    alors qu'il enquêtait sur la mort d'un proche du frère du Président Compaoré.

    Un magnifique texte de Norbert Zongo, mis en musique par Didier Awadi :

    "Le silence des gens bien"

    Du son et des idées !

    La pire des choses, ce n'est pas la méchanceté des gens mauvais,

    c'est le silence des gens bien.

    Vous, qu'est ce que vous faites ?

    On ne donne pas la parole à quelqu'un, quelqu'un arrache la parole.

     

    C'est pour vous dire ceci : Si vous allez dormir dans votre case-là,

    et vous croyez qu'il y a quelqu'un qui va se lever parce que vous êtes fatigué,

    offrir sa tête à lui pour que vous quittiez de votre fatigue là et se débrouiller là :

    Vous avez menti, y'aura personne.

    Et c'est comme ça que ça se passe.

     

    Ca se passe parce qu'on regarde l'autre.

    On se dit qu'il faut que les autres là fassent quelque chose.

    Les autres, c'est qui ? 

     

    C'est l'histoire des souris qui se rassemblent pour lutter contre le chat, 

    et la plus intelligente des souris a dit « Moi, j'ai trouvé.

    On va lui mettre une clochette au cou, et chaque fois qu'il s'approche,

    ça sonne et on fuit. » Tout le monde applaudit.

    On arrange la clochette, on trouve personne pour aller mettre ...

    On ne libère pas un homme, un homme se libère.
     

     

    Un esclavagiste ne devient pas libertaire du jour au lendemain : ce n'est pas vrai.

    Ce n'est pas vrai que la France peut dire « Allez-y, vous êtes libres. »

    Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai que la France veut notre bien : c'est pas vrai.

    Mais elle a raison, parce que notre situation actuelle profite à ses intérêts. C'est humain.

     

    Notre bonheur ne peut pas venir de ceux qui ont profité de notre esclavage,

    de ceux qui ont profité de notre état de dépendance. Ce n'est pas vrai.

    Et c'est pourquoi j'ai écrit : Chaque fois que la France dit que quelqu'un est bien,

    cette personne là est bien pour la France. C'est clair là. C'est humain.

    Si vous défendez les intérêts de la France, la France vous couronne.

     

    Maintenant, est ce que vous défendez vos propres intérêts à vous ?

    Ca, c'est autre chose. 

    Est-ce que vous défendez les intérêts de votre propre peuple. Ca c'est autre chose.

     

    Dès que vous défendez les intérêts de la France,

    elle est en droit de vous faire académicien, pape, machin truc.

    Tout ça, c'est son droit. Il faut pas se leurrer. Il faut être clair.

     

    On dit en politique, les amitiés, les relations les plus bonnes se perdent dans l'intérêt

    comme le fleuve se jette dans la mer.

     

    C'est comme ça en politique. C'est une question d'intérêts.

    C'est pas une question d'amitié. On n'aime personne.

    Nous sommes tous noirs : tu as beau te maquiller, devenir luisant, c'est pas ça. 

    Ce n'est rien aux yeux des français, tu es un noir, tu es un colonisé.

    C'est tout.

     

    Et si tu défends leurs intérêts, ils te supportent, point !!!

    C'est pas plus compliqué là. 

    Aujourd'hui, elle est là pour dire la francophonie, la maçonnerie, la machin truc ...

    C'est des histoires. C'est une question d'intérêts.

     

    Personne ne nous donnera la liberté. 

    Personne ne nous donnera l'indépendance.

    Le voleur qui nous vole a raison, c'est vous qui avez tort de vous laisser voler.

    C'est tout.

    La pire des choses, ce n'est pas la méchanceté des gens mauvais,

    c'est le silence des gens bien.

    Vous, qu'est ce que vous faites ?
    Vous, qu'est ce que vous faites ?
    Vous, qu'est ce que vous faites ?

    Discours de Norbert Zongo

    mis en musique par Didier Awadi (Album "Présidents d'Afrique") 

     

    Du son et des idées !

    Stèle érigée à Sapouy le 20 décembre 2012

    sur le lieu des trois assassinats

     

     

     

    Discours de Thomas Sankara lors de la venue de François Mitterrand

    à Ouagadougou, le 17 novembre 1986

     

    Télécharger « Seul le combat libère (discours de Thomas Sankara) »

    document .pdf 

     

    La patrie ou la mort

    Thomas Sankara

    (Didier Awadi et Smockey / Album Didier Awadi "Présidents d'Afrique")

     

     

     

    "Camarade Sankara"

    (Sams'K Le Jah)

     

     

     

     

    Plus léger : Bonne Année, Bonne Année !

    Depuis plus de trente ans, chaque 31 décembre,

    ce soukous tourne en boucle dans tous les maquis du Burkina !

    ("Bonne Année, Bonne Année !" par Lokassa Ya M'Bongo)

     

    "La vie" par Orchestre d'Essono

     

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